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Signal de demande agrégée de l’OTAN

Découvrez quels sont les domaines capacitaires que l’Alliance a désignés comme des priorités et comment les technologies et solutions que vous proposez peuvent être mises à contribution.

Signal de demande agrégée de l’OTAN à envoyer aux industriels et aux écosystèmes d’innovation de l’Alliance – Résumé communicable au public

  1. Unie face à des menaces et défis de sécurité majeurs, en particulier face à la menace que la Russie fait peser pour le long terme sur la sécurité euro-atlantique et à la menace persistante que constitue le terrorisme, l’Alliance doit doper les capacités et la production industrielles de défense. L’OTAN a donc compilé, au départ de la demande totale en capacités alliées de défense, une liste de capacités prioritaires destinée à éclairer les industriels et à les inciter à accroître la production afin qu’il soit possible de répondre rapidement aux besoins prioritaires de l’Organisation.
  2. Les énoncés de problématiques et les états finaux recherchés qui sont exposés ci-après viennent préciser ces besoins prioritaires à l’horizon 2035. Les informations présentées reposent sur des capacités génériques qui répondent aux besoins de l’OTAN pour ses plans de défense, besoins qui ouvrent des perspectives intéressantes en termes d’innovation et d’adoption de solutions innovantes.
  3. L’Alliance doit continuer de développer et d’adopter de nouvelles technologies. Parmi les domaines prioritaires énoncés ci-dessous, les besoins agrégés liés aux nouvelles technologies et aux solutions alternatives constituent la catégorie la plus importante.
  4. En envoyant un signal de demande agrégée, l’OTAN entend éclairer les industriels et les écosystèmes d’innovation – notamment dans leurs décisions d’investissement, leur gestion des sites de production et leur planification des effectifs –, contribuer à renforcer les chaînes d’approvisionnement, encourager la conception, le développement et la production conjoints, et faire naître à l’échelle de l’Alliance une industrie de défense agile et résiliente, à même d’adapter et de tenir sa capacité de production pour répondre aux besoins de l’Alliance.
  5. Le présent résumé ne constitue pas un avis de marché officiel, mais l’expression de la demande agrégée pour des solutions dans divers domaines capacitaires. Les personnes souhaitant obtenir plus d’informations, par exemple des avis de marché, s’adresseront à l’autorité chargée des achats au sein du ministère de la Défense de leur État, à leur organisme national chargé de l’innovation de défense ou à l’organisme compétent équivalent.
  6. L’OTAN sollicitera l’avis des industriels et des écosystèmes d’innovation de l’Alliance sur le présent signal de demande par l’intermédiaire des entités nationales chargées de l’innovation, du Groupe consultatif industriel OTAN (NIAG) ou d’autres mécanismes de coopération, comme le Forum OTAN-industrie et autres activités OTAN tournées vers les industriels.

Énoncé de la problématique – Pour conserver leur supériorité tactique dans des conditions opérationnelles de plus en plus complexes et dynamiques, les forces des pays de l’Alliance doivent renforcer la létalité, la mobilité, la protection et l’efficacité au combat de leurs capacités terrestres, de sorte qu’elles puissent opérer rapidement et par tout temps dans des zones urbaines et rurales variées face à des adversaires à quasi-parité. Il convient pour ce faire d’améliorer la coordination, la synchronisation et la précision des tirs indirects opérés à différentes distances et de prévoir un appui aérien rapproché pour les forces de manœuvre terrestres afin de préserver leur efficacité opérationnelle. Ces opérations doivent pouvoir être exécutées rapidement, par visibilité réduite et en ambiance GE (guerre électromagnétique) où le flux de l’information est perturbé.

  • Les futures structures de forces devraient traiter les drones / robots comme des moyens à part entière des opérations, y compris dans les opérations terrestres sur le champ de bataille.
  • Une augmentation des capacités alliées autonomes et des drones / robots devrait permettre, d’une part, d’offrir persistance et flexibilité aux personnels déployés dans des environnements caractérisés par un niveau de menace élevé et, d’autre part, de réduire les risques auxquels ils s’exposent.
  • L’intégration accrue de drones / robots dans les opérations nécessitera de nouveaux protocoles C2 (commandement et contrôle) et des communications plus résistantes à la guerre électromagnétique, en particulier dans les environnements électromagnétiques contestés.

État final recherché – La solution proposée doit – dans toute la mesure du possible – :

  • offrir un cost per hit (c.-à-d. un rapport efficacité/efficience) optimal ;
  • accroître la létalité des forces terrestres de sorte qu’elles soient à même de neutraliser des véhicules blindés par tout temps et à toute heure du jour ou de la nuit ;
  • améliorer la létalité, la mobilité, la survivabilité, l’agilité, la durabilité, la réparabilité et la manœuvrabilité des systèmes terrestres des Alliés ;
  • produire des effets létaux ou non létaux sur des objectifs surfaciques ou ponctuels très éloignés ;
  • permettre d’acquérir, d’identifier, d’engager et d’évaluer plus rapidement les menaces ;
  • renforcer les missions ISTAR (renseignement, surveillance, acquisition d’objectif et reconnaissance) menées par les forces terrestres ;
  • accroître la précision des opérations menées depuis les airs, à très basse altitude, à l’appui d’opérations au sol, ainsi que la persistance, la réactivité et la rapidité des moyens mis en œuvre ;
  • décupler les effets létaux et non létaux par une coordination, une synchronisation et une précision air/sol optimisées ;
  • respecter les normes OTAN en matière d’interopérabilité.

Énoncé de la problématique – La multiplication des menaces aériennes et missiles, leur diversité et leur complexité croissantes ainsi que la prolifération accélérée des systèmes de missiles balistiques avancés représentent des défis majeurs pour les forces des Alliés et leurs infrastructures critiques. Parmi ces menaces figurent les drones aériens, les petits vecteurs aérobies évoluant lentement à basse altitude, les tirs de roquettes, d’artillerie et de mortiers, ainsi que les missiles balistiques et hypersoniques sophistiqués capables de frapper des sites clés tels que des ports, des aérodromes et d’autres installations à haute valeur ajoutée.

Les systèmes de défense doivent être capables d’acquérir, de poursuivre, de prioriser et d’engager par tout temps des menaces évoluant à différentes distances et pouvoir être mis en œuvre sur très court préavis. Pour neutraliser ces menaces ou en réduire l’efficacité, il convient de disposer d’une solide défense multicouche en profondeur ainsi que de systèmes de commandement, de contrôle et de communication en temps réel qui permettent d’opérer sans interruption, de sauvegarder les points stratégiques et de conserver la supériorité opérationnelle dans des environnements multimilieux complexes. Les solutions devraient tenir compte du coût par munition et de la quantité de munitions à prévoir.

Les drones autonomes capables d’évoluer en essaim compliqueront considérablement les mesures existantes de défense aérienne et de protection des forces.

État final recherché – La solution proposée doit – dans toute la mesure du possible – :

  • offrir un rapport efficacité/efficience optimal ;
  • améliorer la détection, l’identification, la poursuite, le partage de coordonnées et l’engagement en temps réel des menaces aériennes et missiles, notamment des menaces multiples et simultanées provenant de plusieurs axes d’attaque (directions, altitudes), par tout temps et à toute heure du jour ou de la nuit ;
  • contribuer à accroître la mobilité, la réparabilité et la déployabilité de ces moyens de défense, et faciliter l’acquisition d’objectifs à partir du plus grand nombre possible de capteurs pris en charge par le système de renseignement, de surveillance et d’acquisition d’objectifs ;
  • permettre l’échange de données en temps réel à partir d’autres systèmes de défense aérienne et antimissile à des fins de détection lointaine et de mise en alerte ;
  • être capable de faire face à des attaques de saturation ;
  • respecter les normes OTAN en matière d’interopérabilité.

Énoncé de la problématique – Le traitement des cibles à haute valeur ajoutée situées à distance, fortifiées, dispersées et lourdement défendues, constitue un défi majeur dans les opérations en milieux terrestre, aérien et maritime. Ce défi est souvent exacerbé par des environnements opérationnels où l’usage du spectre électromagnétique est impossible ou n’est possible qu’en mode dégradé, ce qui complique encore le partage de l’information, la coordination et la prise de décision. En outre, les objectifs sont souvent positionnés à proximité d’infrastructures civiles ; la précision est donc capitale pour la réussite de l’opération.

Il est nécessaire de disposer de systèmes d’armes pouvant être mis en réseau, qui soient capables de frapper des cibles dans la profondeur du territoire adverse au départ de plateformes qui ne peuvent pas être engagées par le système de défense aérienne et antimissile intégrée de l’adversaire. Ces capacités doivent pouvoir opérer avec efficacité dans des environnements hostiles, pénétrer les systèmes de défense aérienne intégrée et frapper avec précision des objectifs à haute valeur ajoutée pour les détruire, les neutraliser, les mettre hors de combat ou les détériorer.

État final recherché – Les Alliés sont en mesure de frapper avec précision et efficacité des objectifs à haute valeur ajoutée à des distances variables dans des environnements interdits ou contestés, à l’appui d’opérations aériennes, terrestres et maritimes.

La solution proposée doit – dans toute la mesure du possible – permettre une frappe rapide, précise et centrée sur la cible. Elle doit en outre limiter autant que possible les effets involontaires sur les forces amies et permettre de prendre l’avantage stratégique grâce à un engagement rapide et imprévisible des cibles. 

Les Alliés cherchent à produire ces effets au moyen d’une solution présentant un rapport efficacité/efficience optimal. La solution proposée doit être conforme aux normes OTAN en matière d’interopérabilité.

Énoncé de la problématique – Les forces de manœuvre des pays de l’Alliance doivent pouvoir compter sur une chaîne médicale pleinement opérationnelle, notamment pour le ramassage des blessés, le flux de patients et l’administration des traitements.

Pour garantir la survie des blessés et la continuité des soins, un mix de capacités d’évacuation des blessés – avec et sans équipage embarqué – doit pouvoir opérer efficacement sur divers terrains, dans des conditions météorologiques extrêmes et en ambiance CBRN (chimique, biologique, radiologique ou nucléaire). Les installations de traitement médical doivent être couplées à un système d’évacuation médicale efficace et protégé.

Les chaînes logistiques feront davantage appel à des systèmes autonomes sans équipage embarqué pour l’évacuation des blessés dans des environnements contestés.

État final recherché – La solution proposée doit – dans toute la mesure du possible – être déployable, modulaire, évolutive, adaptable, interopérable et d’un bon rapport coût-efficacité, et faciliter les missions suivantes :

  •  évacuation des blessés adaptée à tous les scénarios de menace ;
  •  soins d’urgence et secondaires ;
  •  soins de traumatologie avancés ;
  •  facilitation des soins intensifs ;
  •  prise en charge des blessés ;
  •  diagnostic ;
  • traitement spécialisé en cas de menaces CBRN. 

Énoncé de la problématique – Les opérations militaires nécessitent des réseaux logistiques polyvalents, résilients et capables de concourir à un large éventail de missions – mouvements de troupes, évacuations sanitaires aériennes, reconnaissance, surveillance, récupération interarmées de personnel, livraison par air et transport lourd (marchandises, véhicules et fournitures). Sachant que les adversaires peuvent prendre pour cible les chaînes d’approvisionnement et les infrastructures logistiques, il est essentiel que les Alliés assurent la continuité du réapprovisionnement, la mobilité et la disponibilité opérationnelle.

Les capacités logistiques doivent être interopérables avec les forces multinationales et les systèmes de communication. Elles doivent par ailleurs pouvoir opérer efficacement de jour comme de nuit et transporter troupes, équipements et fournitures sur de longues distances et sur le temps long.

  • Il va falloir recourir davantage à une logistique adaptative pour répondre à des crises de grande ampleur induites par une dégradation de l’environnement physique.
  • L’accélération du rythme opérationnel va solliciter lourdement la logistique, le transport aérien et la disponibilité, ce qui nécessitera d’adopter une posture évolutive et adaptative et de prendre des dispositions en amont.

État final recherché – Les Alliés peuvent compter sur des chaînes d’approvisionnement logistiques intégrées résilientes et adaptables qui leur permettent de mener des opérations avec rapidité, précision et fiabilité.

  • La solution proposée doit – dans toute la mesure du possible – :
  • offrir un bon rapport coût-efficacité et permettre aux opérations militaires de durer ;
  • faciliter la mise à disposition et l’utilisation de fournitures, y compris dans des conditions météorologiques extrêmes ou dans des conditions difficiles, dans tous les scénarios de menace et avec des infrastructures de qualité variable ;
  • améliorer la manœuvrabilité, la mobilité et la durabilité afin de garantir la continuité du soutien logistique et du maintien en puissance, y compris en cas d’activité hostile, et de suivre le rythme des mouvements de forces ;
  • respecter les normes OTAN en matière d’interopérabilité. 

L’OTAN est passée à une nouvelle approche dans la définition de son signal de demande, et cela change véritablement la donne. Il ne s’agit plus de prescrire des solutions, mais de cerner précisément les problèmes à résoudre et d’exploiter pleinement la créativité et l’inventivité des start-up et scale-up des pays de l’Alliance. C’est le début d’une nouvelle ère pour l’innovation dans les pays de l’OTAN – et le NIF est là pour faire en sorte que les start-up qui présentent le plus de potentiel bénéficient des capitaux et du climat de confiance requis pour creuser leurs idées les plus audacieuses et développer des capacités propres à renforcer l’Alliance et sa défense.

Dr Ari Kristinn Jonsson

Président du fonds OTAN pour l’innovation (NIF)

La diffusion du signal de demande agrégée est une étape importante, qui va contribuer à rapprocher le monde de l’innovation et celui du développement des capacités essentielles de défense. Dans les fonctions que j’exerce au DIANA depuis maintenant trois ans, je constate chaque jour que l’Alliance compte des porteurs d’innovation pleins de talent et d’expertise technique qui ne demandent qu’à répondre aux besoins les plus urgents de l’OTAN. Grâce à ce signal de demande agrégée, les pionniers de l’innovation vont pouvoir nous expliquer ce qu’ils peuvent faire pour nous et nous aider à sortir des solutions préconçues qui n’exploitent pas toujours tout le potentiel des technologies émergentes. Nous nous félicitons de cette avancée ; l’innovation va être encore davantage au cœur des opérations de l’OTAN, et les acteurs concernés sont prêts à relever le défi.

Jyoti Hirani-Driver

Chef des opérations du DIANA

Le NIAG salue cette initiative, grâce à laquelle les porteurs d’innovation et le monde de l’industrie au sens large seront mis au fait des priorités de défense retenues par l’Alliance. Défini à partir des problèmes à résoudre et des effets recherchés, ce signal de demande va contribuer à faire naître les idées et les technologies nouvelles qui aideront les pays de l’OTAN à atteindre leurs objectifs capacitaires. Il va permettre aux industriels et aux bailleurs de fonds de bien cerner ce dont les Alliés vont avoir besoin au cours des dix prochaines années, et, partant, de mieux cibler leurs investissements. Les acteurs de l’innovation, de leur côté, seront mieux à même d’expliquer en quoi les technologies qu’ils proposent peuvent produire les effets attendus et servir les grandes priorités de défense des Alliés. Nous sommes impatients de jouer le rôle qui nous revient et de faire résonner ce signal de demande dans tout l’écosystème d’innovation de défense et toute la base industrielle de l’Alliance.

Ron Nulkes

Président du Groupe consultatif industriel OTAN (NIAG)

Et la prochaine étape 

Renseignez-vous sur la manière dont vous pourriez travailler avec l’OTAN et avec l’écosystème de défense et d’innovation des pays de l’Alliance.

  1. Prenez contact avec l’association des entreprises de défense de votre pays pour savoir comment celle-ci relaie le signal de demande agrégée envoyé par l’OTAN.
  2. Inscrivez-vous aux listes de diffusion de votre agence nationale d’innovation de défense.
  3. Rapprochez-vous de l’Accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord (DIANA) et voyez si votre entreprise peut participer à son programme Défis et innovation.
  4. Inscrivez-vous auprès de l’autorité chargée des achats du ministère de la Défense de votre pays pour être tenu informé des marchés qui s’ouvrent dans les domaines couverts par le signal de demande agrégée.
  5. Consultez régulièrement le site web de cette autorité pour ne manquer aucune information utile.