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Plusieurs organismes OTAN collaborent activement avec l’industrie dans les phases préconcurrentielle et concurrentielle. L’OTAN organise ainsi diverses activités destinées à associer l’industrie dès les premières étapes, et elle a mis en place des mécanismes de liaison avec l’industrie dans différents domaines capacitaires pour une mobilisation continue des industriels.
Une vue d’ensemble de ces organismes et mécanismes est présentée ci-après. Des informations plus détaillées seront publiées sur le guichet OTAN pour l’industrie et seront régulièrement actualisées.
Comités OTAN
La Conférence des directeurs nationaux des armements (CDNA) est le comité consultatif de haut niveau auprès du Conseil de l’Atlantique Nord pour les questions liées aux armements. Elle définit des priorités et donne des orientations à ses groupes subordonnés, notamment le DIPB, le NIAG et les groupes principaux, qui sont composés d’experts des secteurs civil, militaire et industriel des pays de l’Alliance et des pays partenaires. Elle a pour mission de favoriser la coopération multinationale pour la mise à disposition de capacités militaires interopérables permettant d’améliorer l’efficacité des forces de l’OTAN dans toute la gamme des opérations actuelles et futures.
Le Comité des orientations pour le numérique (DPC) est chargé de traduire les objectifs stratégiques de transformation numérique que s’est fixés l’OTAN en stratégies, politiques et lignes de conduite servant à élaborer des architectures et des normes d’interopérabilité ainsi qu’à mettre en place des capacités numériques. Il définit des priorités et donne des orientations à ses groupes subordonnés, qui sont composés d’experts des secteurs civil, militaire et industriel.
Le Comité de normalisation (CS) est responsable de la politique et de la gestion de la normalisation au sein de l’Alliance. Il définit une politique et des directives pour toutes les activités de normalisation de l’OTAN. Il a pour mission d’exercer la gouvernance dans les domaines de la politique de normalisation et de la gestion de la normalisation au sein de l’Alliance, afin de contribuer à la mise sur pied, par les Alliés, de capacités et de forces militaires interopérables et présentant un rapport coût-efficacité favorable.
Le Bureau Production industrielle de défense (DIPB), créé en application du plan d’action sur la production pour la défense, est un organe consultatif chargé de concourir à la mise à disposition de capacités de défense au profit de l’OTAN et des Alliés. Pour ce faire, il facilite le partage des bonnes pratiques, il remet des avis et formule des recommandations sur des questions en lien avec la planification industrielle de défense et les acquisitions, et il favorise une concertation mutuellement bénéfique entre les différents acteurs. Il est composé de hauts représentants des pays de l’Alliance, qui traitent principalement de capacités industrielles, de sécurité des chaînes d’approvisionnement et de normalisation/d’interopérabilité. Le Bureau relève directement de la CDNA.
Le Groupe consultatif industriel OTAN (NIAG) est un organe consultatif composé de représentants de haut niveau des grands acteurs industriels des pays de l’OTAN, qui ont des échanges de vues francs et ouverts sur les aspects industriels, techniques, économiques, managériaux et autres de la recherche et développement relative aux équipements de défense et de sécurité et de leur production au sein de l’Alliance. Les industries des pays de l’OTAN et des pays partenaires y sont représentées par des chefs de délégation. Par l’intermédiaire de ses groupes d’interface, le NIAG s’emploie à améliorer les échanges entre les organes de travail et les partenaires industriels du secteur de la défense et à présenter le point de vue de l’industrie sur des activités et tâches spécifiques.
Organismes et agences de l’OTAN
Le Secrétariat international du siège de l’OTAN – tout particulièrement la Division Industrie de défense, innovation et armement (D2IA) et la Division Cyber et transformation numérique (CDT) – entretient des relations avec l’industrie. La Division D2IA, interlocuteur privilégié de l’industrie au sein de l’Entreprise OTAN, assure la coordination de l’équipe chargée de l’industrie à l’échelle de l’Entreprise11. Le Bureau OTAN de normalisation (NSO) lance, coordonne, soutient et administre toutes les activités de normalisation de l’OTAN menées sous l’autorité du Comité de normalisation.
Au travers du cadre d’interaction en collaboration, le Commandement allié Transformation (ACT) coopère directement avec l’industrie, dans un format réunissant une ou plusieurs entreprises, au cours des phases du développement capacitaire qui ne concernent pas l’acquisition. Cette coopération porte essentiellement sur la résolution d’une insuffisance capacitaire ou d’un problème commun. Le Bureau de collaboration avec les universités et l’industrie (OCAI) est le principal interlocuteur de l’industrie au sein de l’ACT : il veille à ce que les informations concernant l’industrie soient partagées au niveau des commandements. L’ACT participe très activement à des activités d’expérimentation opérationnelle organisées dans le cadre d’initiatives permettant à l’industrie de présenter, de tester et d’affiner des solutions dans des environnements difficiles. Par ailleurs, l’Innovation Continuum entend fédérer, harmoniser et cadrer les initiatives d’innovation, depuis les tout débuts d’un projet ou d’une technologie jusqu’à la démonstration de possibilités dans le cadre d’une plateforme d’expérimentation technologique.
Le Commandement allié Opérations (ACO) coopère avec l’industrie au travers de nombreux mécanismes permettant de tirer parti des relations entre opérateurs et industriels pour les besoins de la préparation au combat de l’Alliance. La contribution de l’ACO aux initiatives de l’Alliance visant à favoriser l’innovation et l’adoption rapide de technologies nouvelles varie selon les contacts entre opérateurs et industriels. Quel que soit le stade de la coopération OTAN-industrie, les activités sont menées en étroite coordination avec les autres acteurs de l’Entreprise OTAN et conformément aux règles et réglementations applicables.
Les agences de l’OTAN permettent à l’OTAN en tant qu’organisation et aux Alliés à titre individuel de répondre à leurs besoins capacitaires sur une base volontaire. Les activités de nombre de ces agences ne se limitent pas aux seules acquisitions, mais elles englobent toute une série de tâches intervenant en amont de l’acquisition : interactions avec l’industrie dans le cadre des Journées de l’industrie, appels à informations auprès des soumissionnaires sur des questions spécifiques ou entretiens individuels avec des industriels sur certains points.
L’Organisation OTAN pour la science et la technologie (STO) est la principale entité OTAN chargée des questions scientifiques et technologiques (S&T) dans le domaine de la défense et de la sécurité. Sa mission consiste à promouvoir et à pratiquer la recherche en collaboration à l’appui du développement capacitaire et des objectifs des partenariats, et à rendre des avis stratégiques aux décideurs de l’OTAN. La STO comprend le Centre pour la recherche et l’expérimentation maritimes (CMRE), basé à La Spezia (Italie), le Bureau de soutien à la collaboration (CSO), situé à Neuilly-sur-Seine (France), et le Bureau du conseiller scientifique, qui se trouve au siège de l’OTAN.
L’Accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord (DIANA) est un organisme OTAN chargé de repérer des technologies innovantes à double usage potentiel et d’en accélérer le développement à l’échelle de l’Alliance. Il fournit aux entreprises participantes les ressources, les réseaux et les orientations dont elles ont besoin pour développer des deep tech qui apportent des solutions essentielles en matière de défense et de sécurité, notamment pour pouvoir opérer dans des environnements rendus inaccessibles ou pour contrer des menaces pesant sur la résilience de l’Alliance.
Initiatives à l’appui de la coopération OTAN-industrie
Fonds OTAN pour l’innovation (NIF) – Ce fonds de capital-risque « multisouverain », pourvu d’une dotation d’un milliard d’euros, investit en toute indépendance dans les deep tech prometteuses – plus particulièrement orientées dans les domaines de la défense, de la sécurité et des technologies de résilience – de ses 24 pays participants, notamment .
Catalogue de solutions innovantes (ISC) – Ce catalogue, qui recense de nouveaux produits technologiques disponibles et pouvant être passés à l’échelle, facilite le travail d’étude de marché des responsables des achats et offre des solutions innovantes, interopérables et axées sur les effets pour la mise en oeuvre des objectifs capacitaires définis dans le cadre du NDPP.
Ensemble de mesures OTAN pour une montée en échelle de l’innovation – Les Alliés s’engagent, au travers de cet ensemble de mesures, à poursuivre leurs efforts et à créer les conditions propices à la montée en puissance des moyens et capacités de développement et de production des entreprises, en particulier des fournisseurs non traditionnels. Pensé comme une boîte à outils, cet ensemble de mesures vise à mettre en place aujourd’hui une capacité de montée en échelle pour pouvoir élargir demain le champ des possibles, en exprimant clairement la demande des Alliés, en attirant les investisseurs privés12; et en facilitant la phase de fabrication, grâce au NATO Engine, plateforme destinée à mettre en réseau des fabricants et des usines13 disposant d’une capacité de production modulable avec des entreprises – en particulier des fournisseurs non traditionnels – à la recherche d’installations pour produire, sur un modèle prestataire ou site de production à façon.
Polygones d’innovation OTAN – Ces polygones, c.-à-d. installations d’essai et d’expérimentation dotées des ressources nécessaires, sont utilisés pour de nombreuses activités, notamment des OPEX et des LIVEX, destinées à tester et à dérisquer de nouveaux produits technologiques dans des environnements opérationnels réels représentatifs. Les industriels peuvent aussi faire appel à ces installations pour tester leurs solutions dans des conditions réalistes, produire des éléments crédibles et transférables pour la vérification et la validation des produits, et accélérer le développement et la montée en maturité des produits.
Signal de demande agrégée de l’OTAN à destination de l’industrie – Par l’intermédiaire des ministères de ses pays membres, l’OTAN a envoyé aux représentants de l’industrie de défense dûment habilités un signal de demande agrégée fondé sur l’ensemble des objectifs capacitaires définis dans le cadre du NDPP (document classifié). La CDNA est chargée de communiquer les signaux de demande aux ministères de la Défense en vue de leur transmission aux représentants de l’industrie. L’OTAN va à présent envoyer aux représentants de l’industrie et aux écosystèmes d’innovation de l’Alliance une version non classifiée des besoins en innovation, qui permettra de mieux aligner les activités d’innovation de défense sur les priorités en matière de planification de défense. Ce signal de demande aidera les acteurs d’innovation, les petites et moyennes entreprises et les fournisseurs non traditionnels à appréhender les besoins de défense de l’OTAN, et les investisseurs à comprendre que les innovateurs sont capables de trouver des débouchés pour leurs produits.
Cellule innovation X (TFX) de l’OTAN – Le concept de TFX est destiné à aider les Alliés à acquérir, à intégrer et à déployer rapidement de nouveaux produits technologiques au sein de forces conventionnelles pour détecter les activités malveillantes et les menaces, les décourager et les contrer. Il propose aux Alliés une approche pour l’intégration rapide de technologies dans les unités opérationnelles de l’avant, approche qui peut être appliquée et modulée dans toutes les régions, dans tous les milieux et pour toutes les problématiques. Trois TFX sont déjà en place :
Conférences et événements majeurs
Forum des industries de défense qui se tient en marge du sommet de l’OTAN (NSDIF) – Le NSDIF, dont la première édition s’est déroulée en 2024, fait partie intégrante des sommets de l’OTAN. Pensé pour examiner avec l’industrie les besoins les plus pressants de l’Alliance, il est organisé par la Division D2IA au nom du secrétaire général.
Forum OTAN-industrie – Créé en 2013, ce forum réunit tous les deux ans des représentants des pays de l’Alliance et de l’industrie pour un dialogue de niveau stratégique sur les dernières tendances en matière de capacités et sur l’évolution du secteur. Il est organisé conjointement par l’ACT et la Division D2IA au nom du secrétaire général, et est accueilli par les Alliés sur une base volontaire.
NATO Edge – Cette conférence de haut niveau axée sur le numérique et les communications met en relation de nombreux dirigeants pour favoriser la collaboration et améliorer l’état de préparation, notamment dans les domaines de la transformation numérique, des systèmes d’information et de communication, du cyber et de l’ISR. Elle est organisée par la NCIA et accueillie par les Alliés sur une base volontaire.
Séminaires sur la passation de marchés – La NCIA et la NSPA organisent régulièrement, de concert avec les Alliés, des activités d’information sur le thème « Comment collaborer avec l’OTAN », qui sont particulièrement utiles pour faciliter la participation des PME aux activités de l’Organisation.
Journées de l’industrie organisées par les centres d’excellence – L’OTAN dispose d’un vaste réseau de centres d’excellence (COE), qui sont des organismes militaires internationaux proposant des entraînements, des formations et des cours spécialisés à des représentants des pays membres et des pays partenaires de l’Organisation. Les COE couvrent des domaines très divers, tels que les opérations civilo-militaires, la cyberdéfense, la médecine militaire, le changement climatique et la sécurité, ou encore les opérations spatiales. Ils organisent des journées de l’industrie à la découverte des développements technologiques les plus récents.
Journées de l’industrie organisées par les pays – Les Alliés organisent régulièrement des activités d’information à l’intention de l’industrie, soit dans les capitales soit au siège de l’OTAN ou dans l’une de ses agences, pour permettre à un large éventail d’entreprises de se familiariser avec l’Entreprise OTAN.
Démonstrations et exercices
Les démonstrations, les essais et les exercices sont des outils importants grâce auxquels l’Alliance peut tester et valider ses normes, ses concepts, ses procédures, ses systèmes et ses tactiques. D’une manière plus générale, ils permettent aux forces armées et aux organisations civiles de tester des capacités et de s’entraîner à travailler ensemble efficacement dans une situation de crise complexe. Deux exemples du large éventail de démonstrations, d’essais et d’exercices organisés par l’OTAN sont donnés ci-après.
Exercice d’interopérabilité Coalition Warrior (CWIX) – Le CWIX permet de tester et d’évaluer l’interopérabilité de l’OTAN et des pays dans divers milieux d’opérations. Il réunit des milliers de participants mettant en oeuvre des centaines de capacités à tester.
TIDE Sprint – Ce groupe de réflexion pour la supériorité informationnelle, décisionnelle et exécutionnelle, qui relève de l’ACT, est le forum de l’OTAN pour l’interopérabilité numérique. Il réunit l’ensemble des communautés qui font en sorte que les pays de l’OTAN et les pays partenaires puissent communiquer, coopérer et opérer ensemble à partir de capacités de commandement et de contrôle, de services informatiques, de données, de normes et de processus compatibles.
Outils
Plateforme OTAN de coopération en ligne – Le guichet OTAN pour l’industrie sera le principal canal de communication avec les industriels. Cet outil non seulement fournira des informations sur les moyens d’entrer en relation avec l’Entreprise OTAN, mais permettra également de centraliser les avis de marché, pour davantage de visibilité, et d’annoncer des activités TEEV. La plateforme hébergera un portail dédié centralisant les avis de marché publiés sur les différents portails de l’Entreprise OTAN. Elle fera aussi le lien entre de nombreux projets d’innovation en intégrant des données des polygones d’innovation OTAN, du catalogue de solutions innovantes et de la Plateforme Challenges (défis et innovation) du DIANA, ce qui offrira aux Alliés une meilleure visibilité sur les capacités en cours de développement. À terme, elle intégrera un outil de gestion de la relation clients, qui permettra également de faire le lien entre les connaissances dérivées de l’analyse des données acquises dans le cadre des activités de coopération OTAN-industrie, les technologies innovantes et les objectifs capacitaires de l’OTAN. Le guichet OTAN pour l’industrie sera mis à jour dans le cadre d’un processus itératif basé sur les retours d’information et sur les besoins émergents – les tests utilisateurs qui seront réalisés par les partenaires industriels membres de groupes du NIAG, comme le groupe SPACENET, guideront le développement de la plateforme.
Fonds pour un développement plus rapide de l’interopérabilité et de la normalisation (Fonds AIS) – Le Fonds AIS permet de répondre aux besoins critiques en matière de normalisation et d’interopérabilité. Sur la base des priorités définies chaque année, il lance des appels à propositions et finance des propositions de projet traitant de problèmes de normalisation et d’interopérabilité.
1. Dans le présent document, les termes « industrie » et « industriels » désignent les industries nationales des Alliés, considérées tantôt individuellement, tantôt collectivement, selon le contexte.
2. As outlined in the Defence Production Action Plan, the NATO Industrial Capacity Expansion Pledge, the updated Defence Production Action Plan, NATO’s Rapid Adoption Action Plan, and NATO’s Commercial Space Strategy.
3. Remplace le cadre de 2013 pour la collaboration entre l’OTAN et l’industrie.
4. À savoir le siège, la structure de commandement, la structure de forces, les quartiers généraux déployés et embarqués, les agences et les établissements de formation et d’entraînement de l’OTAN.
5. Grands maîtres d’oeuvre industriels, sociétés à moyenne capitalisation, PME, start-up et producteurs de sous-systèmes et de composants intervenant dans les chaînes d’approvisionnement de défense.
6. Engagement en faveur d’un renforcement des capacités industrielles des pays de l’OTAN
7. NDPP, développement capacitaire financé en commun, recherche et développement, activités scientifiques et technologiques, etc.
8. Accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord.
9. Au travers de politiques d’éducation nationales, de mesures visant à encourager les jeunes à s’engager dans la filière STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) ou de programmes de reconversion et de requalification.
10. Telles que la politique OTAN relative aux achats financés en commun et la procédure d’appel d’offres ouvert de l’OTAN
11. Mécanisme de coordination interservices réunissant divers acteurs de l’Entreprise OTAN, notamment l’ACO, l’ACT, la NCIA et la NSPA.
12. Banques, fonds de pension, groupes d’assurance, fonds de capital-investissement et fonds de capital-risque, investisseurs privés, fonds spéculatifs, gestionnaires de grandes fortunes, etc.
13. Il pourrait s’agir d’installations appartenant à des entreprises privées, à des partenariats public-privé, à des entreprises publiques ou à des organismes de recherche et/ou d’entités rattachées à des initiatives nationales similaires.